Participer à la Conservation du Patrimoine Madagascarrienses et L'Uapaca Bojeri

Un Programme d'Activités de NyTanantsika

HISTORIQUE

Le tapia ou Uapaca Bojeri, une plante endémique, constitue la principale plante nourricière des vers à soie sauvage aussi endémique à Madagascar, le Borocera Madagascareinsis ou landibe. On signale que les forets de tapia représentent les derniers vestiges de la végétation primaire des hautes terres à Madagascar, alors qu’elles sont menacées par la destruction humaine à travers les feux de brousse, le collecte de bois de chauffe et la confection de charbon. Pourtant elles abritent différentes richesses dont la population riveraine pourrait exploiter à part de la soie, les fruits de tapia, des plantes médicinales, des champignons, des plantes tinctoriales…

Ainsi, l’augmentation de la production de la soie sauvage tout en conservant les forets de tapia restant est l’objet du projet de relance de la soie sauvage dans la région de l’Amoron’i Mania à Madagascar dont NY TANINTSIKA mène actuellement. Le projet touche la population la plus pauvre qui dépend de la foret et en majorité les femmes qui font la transformation de la soie. Nous appuyons ces paysans sur la production et la transformation de la soie et surtout la recherche de débouchés. Les villageois fixent un objectif annuel pour le reboisement de tapia.

POURQUOI DE LA SOIE SAUVAGE ?

La soie tient une grande place dans la culture malgache. Selon un proverbe malagasy « Ny Lambalandy : velona itafiana, maty isalorana » ou «  La soie : vivant, on s’en drape, mort, on s’enveloppe ». La soie marque la noblesse pour les malgaches. Quant on n’enveloppe pas le mort avec le « lambamena » ou linceul en soie, cela veut signifier un misérable.

Step 1 Manual Spinning

Auparavant, les villageois riverains de la foret de tapia n’ont pas valorisé la soie sauvage. Lors du collecte de cocons de soie sauvage, ils jettent les coques et consomment et/ou vendent les chrysalides. Les chrysalides sont riches en protéine.

Pourtant, le tissage de la soie sauvage est une activité traditionnelle dans la région de l’Amoron’i Mania, laquelle abrite la plus grande foret de tapia à Madagascar. Vis à vis de leurs spécialisations, différents gens tirent des revenus à travers le collecte des cocons, la filature, le tissage et la transformation en articles d’habillement et ou de décoration (des sacs, des chaussures, des vêtements, des abats-jour…). En effet, sa relance constitue une activité rémunératrice pour les paysans. C’est un secteur porteur car il y encore des marchés vastes : marché local, le tourisme et l’exportation.

QUELS SONT LES ETAPES DE TRANSFORMATIONS DE L’ETAT COCONS JUSQU’AU TISSUS?

Les cocons des vers à soie sauvage sont ramassés dans la foret de tapia. Pour arriver au stade fil, les coques de landibe subissent différents traitements.
On trempe les coques dans l’eau et on fait renverser à l’aide d’un simple outil, un tige ou une pointe métal. On fait s’insérer 4 à 5 coques renversées, et on fait sécher au soleil. Quand les conques sont séchées, on les trempe dans l’eau savonneuse bouillie pendant une heure trente, puis on les conserve dans une enceinte pendant 4 jours environ. Après cette fermentation, on a la bourre de soie sauvage, on la nettoie avec du savon et on fait sécher. On essaie toujours de la rendre plus souple en la battant avec du bâton. Après le séchage, la soie sauvage est prête à être filée. Comme aux premiers temps, les fileuses de Manandriana  utilisent la filature à l’aide de quenouille.

Step 2 Colors

 

Quand on obtient les fils, les femmes font le décreusage en laissant dans l’eau savonneuse bouillie pendant un quart d’heure environ et on laisse y tremper pendant une demi-journée. Puis, on rince et sèche les fils à l’ombre. Le décreusage est le processus pour enlever le grés dans les fils de soie.
Les tisserandes utilisent le fil marron, de couleur naturelle, pour confectionner les linceuls. Face à l’évolution des produits en soie, les femmes de Manandriana ne se contentent plus à produire uniquement des linceuls. Elles produisent des étoffes et écharpes actuellement en confectionnant des tissus mixtes en soie d’élevage et de soie sauvage, en utilisant des différents techniques de tissages , aéré ou serré, des différents teintures qui sont uniquement naturelles. Pour ce dernier, elles utilisent 20 plantes environs pour teindre les fils, sous différentes formes : feuilles, tiges, écorces, racines. Elles produisent ainsi différentes couleurs, selon leur connaissance et pratique: rouge, vert, marron, jaune, gris, noir,…

Les femmes de Manandriana utilisent encore des outils rudimentaires quant au tissage ; un métier confectionné avec des vieux bois et elles restent tisser sur le sol.
Les femmes de Manandriana s’approvisionnent des coques de landibe d’Ambatofinandrahana, à 50km environ de distance. Parfois, des vendeurs de coques de landibe  arrivent aux villages. Avec le programme des Nations Unies, l’UNIDO, des matériels de transformation améliorés sont produits et vulgarisés. Avec ces différents matériels, les groupes de femmes tisserandes à Amoron’i Mania pourront en acquérir avec de l’aide du projet de NY TANINTSIKA.

Telaio Finished Product